La musicothérapie n’a pas de limite à proprement parler car c’est une thérapie très adaptable au patient. Malgré tout, elle dépend énormément de la réceptivité du patient à la musique. Or certaines personnes ne perçoivent pas, ou du moins correctement, la musique. Elles sont atteintes d’amusie. Pour eux, la musicothérapie ne fonctionne pas.
• Qu’est-ce que l’amusie ?
L’amusie est un échec du développement d’une compétence musicale. En effet, la personne amusique a une intelligence normale, elle n’est pas sourde et il n’y a aucun problème moteur. mais elle présente un traitement altéré de l’information musicale dans deux régions cérébrales : le cortex auditif (première étape du traitement du son) et le cortex frontal (dans le lobe frontal), en particulier dans l’hémisphère droit. Ces altérations semblent liées à des anomalies anatomiques dans ces mêmes cortex.

L’amusie peut résulter d’un accident cérébral mais certains chercheurs soupçonnent qu’elle puisse aussi avoir une origine génétique. Les personnes amusiques présentent un excès de matière grise (neurones) et un déficit de matière blanche (axones), au contraire du schéma ci-dessous d’une personne non-atteinte. Or, la matière blanche est composée de myéline qui est une gaine recouvrant l’axone et permettant au signal de se propager plus vite. Ce déficit fait que l’encodage d’une note de musique est retardé de 100 millisecondes chez les personnes amusiques.

Comme nous l’avons dit précédemment, lorsqu’une personne écoute une musique, plusieurs zones de son cerveau sont impliquées, et si l’une de ces zones est touchée, cela peut engendrer une amusie. Par exemple, si c’est l’hémisphère droit du lobe temporal qui est touché, le sujet aura des problèmes aux niveau de la mélodie, etc…
Cette anomalie se manifeste par une difficulté à suivre le rythme et/ou à capter les changements de hauteur du son. Elle affecte aussi la perception et la reproduction musicale. Les personnes amusiques peuvent reconnaître les paroles mais pas l’air d’une musique. Elles ne savent pas si elles chantent juste et ne réussissent pas à reconnaître une chanson sans les paroles. En outre, elles présentent des difficultés pour apprendre la musique. Cependant, elles n’ont aucun problème avec le langage et la reconnaissance de voix ou de bruits environnants. Ce qui fait que pour elles, la musique n’est qu’un bruit, des sons sans lien qui n’ont pas des sens et qui ne laissent pas de trace dans leur mémoire.
Certaines amusies sont plus prononcées que d’autres. En effet, certaines personnes voit la musique comme une sorte de langue étrangère, impossible à comprendre alors que d’autres peuvent la percevoir. Il existe donc plusieurs types d’amusie :
- surdité tonale : le sujet est incapable de jauger les différences d’hauteur.
- surdité rythmique : les rythmes ne peuvent pas être reproduits ou compris, mais les aptitudes mélodiques restent intactes.
- surdité mélodique : le sujet est incapable de reconnaître une mélodie. Il ne reconnaît pas la musique comme la perçoive une personne saine. Pour lui, ce n’est qu’un bruit.
- surdité de timbre : le sujet ne peut pas reconnaître un instrument ou un groupe d’instruments.
Ceci est la principale limite de la musicothérapie, et on estime qu’elle touche environ 2 à 4 % de la population. Par exemple, Che Guevara, ou encore Théodore Roosevelt, étaient amusiques. Ils restaient impassibles à la musique.
• Sondage
L’autre limite de la musicothérapie est qu’elle est très peu connue. Elle reste peu utilisée même si paradoxalement elle est en plein essor. Les effets positifs de la musique sur la santé ont été assez récemment étudiés par les sciences et les recherches sont loin d’être finies.
D’après un sondage réalisé par nos soins, nous avons remarqué qu’ environ 14 % des 356 personnes interrogées connaissent réellement la musicothérapie et moins de 3.6% des participants ont déjà recouru à cette méthode.


Parmi les 3,6 %, nous retrouvons des emplois que nous avons expliqué dans les méthodes auparavant.

Bien que la musique soit quelque chose de bien ancré dans notre vie, et que le fait qu’elle puisse soigner peut paraître bizarre pour certaines personnes, nous avons observé que la plupart sont prêtes à utiliser cette méthode en cas de besoin.

Source des images :
*1 : Schéma provenant de https://tpeprothese.weebly.com/le-cerveau.html
*2 : Schéma provenant de http://neuroblog.net/notions-de-base/
Toutes les autres images sont les résultats de notre sondage fait sur Google Forms
Article modifié pour la dernière fois le 04/03/2019